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      Régime paléolithique

      Daniel-J. CRISAFI, ND.A., M.H., PH.D.

      Mon entraîneur m’a fortement suggéré d’adopter le régime paléolithique. Que pensez-vous de ce régime ?

      Le régime paléolithique, ou régime paléo, est certes l’un des régimes les plus populaires pour l’accroissement de la performance athlétique ainsi que pour la perte de poids.  Il y a des variations paléo, tout comme pour les autres régimes populaires. Par contre, ce qui est présenté ici est le régime paléo tel que définit par son « créateur » récent, le Dr Loren Cordain, auteur de The Paleo Diet. Loren Cordain est mentionné à titre de « créateur » récent puisque l’idée d’un régime paléolithique n’est pas nouvelle. En effet, elle date de la période paléolithique!

      Un peu d’histoire

      Un nutritionniste américain, Irvin P. Johnson, connu par son pseudonyme de Rheo H. Blair, recommanda durant les années 50 un régime très similaire au régime paléolithique. Le régime de Blair fut suivi surtout par les adeptes de culture physique ou de bodybuilding des années 50 et 60. L’entraîneur des stars, Vince Gironda, en fit la base du régime de ses protégés, dont Arnold Schwarzenegger.  

      En 1975, le médecin américain, Walter Voegtlin, publia un livre, The Stone Age Diet, qui proposa que les humains soient des carnivores et que le régime alimentaire humain doive consister avant tout, d’aliments de source animale. 

      Au milieu des années 80, deux médecins américains. Eaton et Konner, publièrent une étude dans laquelle ils développèrent les idées de Voegtlin. L’article publié dans la prestigieuse revue New England Journal of Medicine et intitulée “Paleolithic Nutrition: A Consideration of its Nature and Current Implications”, donna à la théorie un air de respectabilité. Selon ces deux chercheurs, à l’âge de pierre les gens n’avaient pas les maladies de civilisation telles que le cancer, le diabète ou les maladies cardiovasculaires. D’après ces deux chercheurs, c’est l’importante différence dans le régime alimentaire et le niveau d’activité physique qui expliquerait cette  différence. Plus tard, en 1989, ils publièrent un livre, "The Paleolithic Prescription", dans lequel ils élaborent leur thèse et offrent des suggestions alimentaires spécifiques.

      Qu’est-ce cela?

      Le régime paléo se limite aux aliments que consommaient nos ancêtres éloignés, ceux de la période dite paléolithique, il y a entre 3 millions et 12 000 années de cela. Plus ou moins! Puisque ceux-ci étaient des chasseurs et des cueilleurs, les adeptes du régime paléo découragent la consommation d’aliments qui n’auraient été disponibles qu’avec l’avènement de l’agriculture et de l’élevage. Imaginez, si vous le pouvez, votre ancêtre, très éloigné certes, et ce qu’il aurait pu se mettre sous la dent durant cette période. Ses aliments de base auraient été les végétaux sauvages, les légumes, les fruits et les noix, qu’il pouvait cueillir ainsi que des insectes.  En plus de la chasse et de la pêche et ce qu’il peut facilement cueillir, il a pu aussi voler quelques œufs et du miel sauvage, lorsque ceux-ci étaient accessibles. Non, votre ancêtre paléolithique n’a pas de produits laitiers, car ceux-ci étaient assez difficiles d’accès puisque la domestication et l’élevage des bovins et des caprins n’existaient pas, il aurait été difficile de trouver un mammifère sauvage afin de lui extraire le lait.  Trop difficile, semble-t-il !

      Les adeptes du régime paléolithique moderne vont parfois un peu plus loin en recommandant l’élimination des légumineuses et des pommes de terre, que les gens de l’âge de pierre auraient consommées. 

      Le régime paléolithique consiste donc en aliments végétaux (fruits, graines, légumes et noix) et en aliments de sources animales (amphibiens, insectes, mammifères, volailles et poissons). Fait intéressant à noter, la majorité des livres recommandant le régime paléolithique semblent ignorer (volontairement ou non) la consommation d’insectes et d’amphibiens. Le rapport alimentaire de ce régime est intéressant. En effet, Eaton et Konner suggèrent un rapport de 45% de glucides, principalement des fruits et légumes; 35% de protéines, et 20% de gras. Le gras dans ce cas-ci est celui qui est naturellement présent dans les tissus animals et dans les noix et les graines.

      “Grâce à la chimie isotopique, on en sait désormais plus sur le régime paléolithique des néandertaliens. Au menu : 80 % de viande de mammouth et de rhinocéros, plus 20 % de végétaux.”

      Natural Sciences 17 mars, 2016

      Donc, rien de ce qui est issu de l’élevage ou de l’agriculture et qui n’aurait pas été disponible à l’état sauvage.

      Aliments permisAliments interdits
      Viandes, volaille, poissonsGrains céréaliers
      Fruits et légumesPommes de terre
      Noix et grainesLégumineuses
      GrasProduits laitiers
      ŒufsSucres ajoutés
      Gras (ceux qui sont naturellement présents dans les viandes, noix et graines)Gras (huiles végétales et gras) dérivés/extraits tels que l’huile d’olive et les autres huiles végétales ainsi que le beurre.

      Pourquoi?

      L’argument des tenants du régime paléolithique est simple. D’après des recherches en anthropologie médicale nos maladies les plus importantes, telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires, n’existaient virtuellement pas à l’âge de pierre. Or, le régime alimentaire de ces aïeuls était très différent du nôtre avec l’absence de grains et de produits laitiers et une quantité minime de sucres simples. Les humains ont suivi ce régime pendant à peu près 2 millions d’années et se sont adaptés génétiquement à celui-ci. Il y a environ 10 000 ans, ce régime a commencé à changer, et ce, drastiquement. En effet, les êtres humains ont commencé à consommer des groupes d'aliments jusqu'alors absents du régime, tels que les grains céréaliers (blé, millet, orge, etc.) et les produits laitiers. Selon eux, notre régime actuel n'est donc pas adapté à notre génétique.

      Les tenants du régime paléolithique recommandent donc un retour à nos sources alimentaires ancestrales afin de réduire les niveaux de maladies dégénératives.

      Points positifs

      Le régime paléolithique a plusieurs points positifs à son acquis. Dans un premier temps, tout régime qui augmentera la proportion de protéines dans le régime tout en encourageant la consommation d’une grande quantité de fruits et de légumes ne peut avoir que des effets bénéfiques. Notre régime alimentaire actuel, basé en partie sur celui de nos aïeuls récents, est trop centré sur la consommation de grains céréaliers et de glucides. Pains, pâtes et patates sont encore la base de l'alimentation chez plusieurs. Or, le régime paléolithique apporte un correctif important à cette situation. Finalement, ce régime mène inéluctablement à une importante baisse dans la consommation de sucres simples, avec d'excellents résultats au niveau de la santé.

      Ce régime offre aussi une certaine facilité lorsqu’il est question de la préparation des plats. En effet, faire mijoter des cubes de boeuf avec des herbes aromatiques et quelques légumes, rien de plus facile. Et que dire d’une poitrine de poulet grillée avec une grande salade verte? Le régime paléo peut donc encourager la préparation de plats simples, cuisinés avec aisance et rapidité.

      De plus, le régime paléolithique n’est pas un régime pratiqué dans le vide.  En effet, il bénéficie de plusieurs études récentes. Ces études, entreprises pour la plupart depuis les années 2000, soulignent qu'un régime paléolithique peut en effet avoir un effet positif sur le taux de sucre sanguin, les lipides sanguins (cholestérol et triglycérides) et sur l'hypertension artérielle. Il a aussi démontré des effets positifs sur la perte de poids.

      Points négatifs

      Même s’il est bien plus équilibré que d’autres régimes « miracles », le régime paléolithique strict, a néanmoins quelques lacunes, dont celle d’être limitant. Commençons par la critique de leurs prémices.

      Premièrement, et contrairement à ce que pensaient les auteurs de "Paleo Prescription" les populations à l'âge de pierre souffraient aussi de maladies dégénératives. Certes, celles-ci n'étaient pas présentes à un niveau aussi élevé qu'aujourd'hui, mais il y en avait. De plus, puisque la moyenne d'âge durant la période paléolithique était considérablement plus courte que celle d’aujourd’hui, il est normal que le taux de maladies dégénératives soit plus bas. En effet, les gens ne vivaient en général pas assez vieux pour souffrir de ces maladies de vieillesse.

      Deuxièmement, de mettre l’accent sur le régime paléolithique sans mettre autant d’accent sur leur niveau d’activité physique, c’est de brouiller les cartes.  Si nous acceptons l’hypothèse que ces gens étaient plus en santé, il faut alors pratiquer à la fois leur régime alimentaire et leur niveau d’activité physique. L’activité physique est toute aussi importante que l’alimentation.

      Il est vrai que l’agriculture et l’élevage n’ont été introduits dans l’histoire de l’humanité qu’environ 10 000 ans de cela. Mais il ne faut pas oublier que ceux-ci, du fait qu’ils ont libéré les humains du besoin de chasser, de fourrager et de migrer en suivant les troupeaux, ont permis le développement de la civilisation et de la culture. Les gens de l’âge paléo étaient presque littéralement incultes!

      Finalement, des études ont démontré que contrairement à ce qu’ont suggéré certains théoriciens du régime paléo, les humains s’adaptent rapidement à des changements alimentaires. Certes, nous ne parlons pas d’adaptation sur quelques centaines d’années, mais sur quelques millénaires. À titre d’exemple, la biologiste Marlene Zuk a démontré que les êtres humains se sont adaptés biologiquement à la consommation de produits laitiers.  En effet, même si ceux-ci ne produisaient pas initialement l’enzyme lactase, nécessaire pour digérer le sucre du lait, leurs descendants ont développé la capacité d’en produire. Nous ne pouvons donc pas conclure que puisque nos ancêtres éloignés n’avaient pas la capacité de digérer, d’absorber ou de métaboliser une substance alimentaire nous ne l’avons pas non plus.

      Il faut aussi noter que le régime lui-même comporte quelques lacunes.  En effet, ce régime comporte quelques limites ou failles importantes au niveau pratique. En effet, l’exclusion de légumineuses, de produits laitiers et de grains céréaliers limite considérablement la variété alimentaire. Oubliez le repas italien avec pâtes (même les pâtes sans gluten), ou le repas tunisien consistant de couscous, de pois chiches et d’agneau. Ah oui, aucun riz. Pour ce qui est du pâté chinois traditionnel, ne mangez que la viande, car le maïs et les pommes de terre sont hors de question. Si vous voulez une pizza (de qualité et naturelle certes !) vous devrez la demander sans croûte (même pas les croûtes sans gluten) et sans fromage.

      Eh oui, le régime paléolithique est sans équivoque contre tous les grains céréaliers, quelle qu’en soit la quantité. Or, les grains céréaliers sont une partie importante d’un régime équilibré. En effet, nous consommons certainement trop de grains dans notre régime actuel, néanmoins, d’éliminer complètement tous les grains du régime peut compromettre l’effort vers une santé optimale.

      Une critique similaire peut être faite en ce qui concerne la consommation de légumineuses. L’élimination des légumineuses entraîne par le fait même une diminution de la qualité du régime. Les légumineuses contiennent une variété de composants nutritionnels qui ont démontré d’importants effets contre le cancer et les maladies cardiovasculaires. En réduire la consommation c’est de réduire la qualité du régime alimentaire.

      Depuis plusieurs années, les experts nous vantent les bienfaits du régime méditerranéen. Or ce régime, bien documenté pour ses effets positifs sur la santé, comporte une importante composante de grains (couscous, pain ou pâtes), de légumineuses (lentilles ou pois chiches) et d’huiles végétales (huile d’olive). Dans ce cas-ci, trois des groupes d’aliments interdits dans le régime paléolithique sont à la base d’un régime alimentaire sain.

      Mot de la fin

      Le régime paléolithique pur et dur est donc un régime qui est très, voire inutilement, restreint pour la majorité des gens. Par contre, un régime paléolithique modéré, un régime où nous réduisons notre consommation souvent excessive de grains, ou nous augmentons de façon importante nos protéines et nos aliments végétaux ou nous réduisons significativement notre consommation de sucres simples, ne peut qu’être bénéfique pour la santé.

      Ce régime peut servir de régime thérapeutique temporaire pour les personnes qui veulent perdre du poids rapidement. Celui-ci pourra aussi  servir de régime de pointe chez des athlètes qui veulent améliorer leur performance ou augmenter leur masse maigre. Par contre, étant donné ses limites, celui-ci ne devrait pas servir de régime quotidien permanent.

      Références

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